Rock en Seine 2025 : l’équipe d’addictologie du CH4V en action pour une prévention bienveillante et engagée

Publié le 29 août 2025 à 9 h 02 min.
Mots-clés : Addictologieprévention

Du 22 au 25 août 2025, l’équipe d’addictologie du Centre Hospitalier des Quatre Villes (CH4V) était de retour au festival Rock en Seine pour une seconde participation renforcée et une collaboration étroite avec les acteurs de la prévention. Une immersion au cœur d’un événement festif, avec une mission claire : sensibiliser, prévenir et accompagner sans juger.

 

970 personnes sensibilisées

803 passages au stand fixe dans la Safe Zone

91 personnes ont participé à l’Escape Game

72  festivaliers rencontrés pendant les maraudes 

Une action renforcée et une équipe pluridisciplinaire mobilisée

Après une première participation en 2024, l’équipe du CH4V a consolidé sa présence pour l’édition 2025. Cette année, ils étaient douze professionnels à se relayer sur le stand pendant les cinq jours de 13h à 1h du matin, et à intervenir en maraude sur le site du Domaine de Saint-Cloud où 150 000 festivaliers étaient rassemblés.

La participation du CH4V était enrichie de nouvelles compétences : deux médecins, trois infirmiers, deux psychologues, deux travailleurs sociaux, un art-thérapeute, une cadre de santé, et une secrétaire médicale spécialement formée aux objectifs de la prévention en milieu festif. Une diversité de compétences pour assurer à la fois des conseils, une écoute psychologique, de l’information, et si besoin, une orientation vers les soins.

« Ce renforcement de l’équipe nous permet d’être plus présents sur le terrain, d’assurer des permanences continues, et de proposer davantage d’activités et de temps d’échanges », explique le Dr Manoj HONARYAR, médecin urgentiste et nouvellement intégré à l’équipe de liaison et de soin en addictologie (ELSA).

Un stand au cœur de la Safe Zone du festival, en lien avec les autres associations

Le stand du CH4V était situé dans la Safe Zone, un espace dédié à la prévention et à la protection des publics et partagé avec d’autres structures comme l’association #NousToutes, engagée contre les violences sexistes et sexuelles, et #ellesimagent.

Cette proximité a permis une coordination entre les acteurs, certaines situations nécessitaient une réponse conjointe. Des échanges réguliers ont aussi eu lieu avec les équipes de la Croix-Rouge avec une répartition claire des rôles : repérage, prise en charge, écoute, orientation.

La présence du CH4V s’inscrit dans une dynamique de partenariat avec l’ensemble des acteurs mobilisés : la Croix-Rouge, les équipes de sécurité, les associations présentes dans la Safe Zone (comme « Nous Toutes », œuvrant contre les violences sexistes et sexuelles), et les organisateurs du festival.

 

 

« Nos missions étaient bien définies, mais cette complémentarité a été essentielle sur un événement rassemblant des milliers de festivaliers ».

Une approche ludique : des animations pour sensibiliser sans stigmatiser

Grâce à une approche ludique et participative, les professionnels de l’hôpital ont pu naturellement aborder les questions de consommation avec les festivaliers. Les activités proposés, adaptés à tous les publics, y compris aux familles avec enfants, avaient un objectif clair : favoriser la discussion, sans jugement, autour des pratiques festives et des risques associés.

 

À travers leur présence, les équipes du CH4V souhaitent avant tout transmettre un message de bienveillance, d’écoute et de non-jugement, faire de la prévention sans répression. « Nous ne sommes pas là pour interdire et on ne vient pas avec un discours moralisateur. On est là pour informer, soutenir, orienter. La majorité des jeunes sont conscients, curieux et veulent comprendre. Nous sommes là pour accompagner, informer, et aider chacun à faire des choix éclairés. »

  • L’Espace Game « Capitaine de soirée » : un jeu de rôle sur la gestion responsable de l’alcool au sein d’un groupe. Les « capitaines » volontaires recevaient des bracelets fluorescents en guise de reconnaissance.
  • Le Trivial Pursuit des addictions : un jeu de questions-réponses pour tester ses connaissances sur toutes les formes de dépendances (alcool, drogues, écrans, tabac…).
  • Les lunettes à alcoolémie pour simuler la vision sous influence.
  • Le jeu de la « juste dose » pour comprendre les doses standards.
  • Les fresques interactives ont permis aux festivaliers de s’exprimer de façon artistique autour des messages de prévention.
  • Des quizz sur les produits psychoactifs
  • De Éthylotests, safe cups, autotests et autres outils de réduction de risques étaient mis à disposition des festivaliers.
  • Un espace de documentation.

Un espace d’écoute pour ceux qui en ont besoin

En parallèle des animations, le stand proposait un espace d’échange plus confidentiel, où les personnes en difficulté pouvaient être reçues par une psychologue de l’hôpital.

« Certains viennent pour jouer, d’autres pour poser des questions. Le stand permet les deux », explique Julie Marty, infirmière ELSA et référente du projet avec Michèle Thonier, cadre du Pôle addictologie.

Des maraudes pour aller au-devant des besoins

En deuxième partie de soirée, des maraudes étaient organisées pour intervenir au plus près des publics afin d’identifier celles et ceux qui pouvaient avoir besoin d’aide, d’écoute ou d’une orientation vers les soins.

Un public curieux, varié et à l’écoute

Cette année, les retours ont été très positifs : les festivaliers étaient nombreux à s’arrêter, par curiosité ou pour poser de vraies questions. Les thèmes les plus fréquemment abordés :

  • L’alcool et ses effets, notamment sur les femmes

  • Les idées reçues sur les drogues

  • Les risques de soumission chimique (piqûres, verres contaminés)

Le stand a également attiré des parents qui s’arrêtent avec leurs enfants pour leur information et voir ce qu’ils savent sur le sujet, des professionnels de santé ou de prévention, témoignant de la diversité des profils croisés.

Une évolution dans le discours des jeunes autour des consommations ou des risques

  • Les jeunes découvrent les doses standards
  • Beaucoup plus de demandes de safe cup et de questions autour du problème d’administration de produits à notre insu (boissons, piqures, etc…)

Un engagement d’équipes

Au-delà de l’intervention ponctuelle, ce projet s’inscrit dans une démarche de santé publique plus large. « Nous avons constaté, dans nos services d’urgences, des jeunes arrivant avec des comportements à risque après des soirées ou festivals. Il était évident pour nous qu’il fallait aller sur le terrain, là où se produisent les consommations », souligne le Dr HONARYAR.

Pour cette action, plusieurs unités du pôle addictologie du CH4V étaient mobilisées, une occasion pour renforcer aussi les liens au sein de l’équipe pluridisciplinaire.

  • L’ELSA (Equipe de liaison et de soins en addictologie) qui intervient auprès des patients hospitalisés
  • Le CJC (Consultation Jeunes Consommateurs) qui intervient auprès des jeunes 12-25 ans.
  • Le CSAPA (Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie)
  • La Médecine Addictologie

En savoir plus :

Pôle addictologie – CH4V Sèvres, Saint-Cloud

Voir aussi :

Signature du contrat de pôle Addictologie : une nouvelle étape pour le CH4V